Parole d’adhérent

Quelques personnes interrompent le journal télévisé, d’autres montent sur scène avec leurs banderoles lors de la remise des César, d’autres encore prennent la parole à l’ouverture d’un spectacle au théâtre ou dans une salle de concert, des festivals sont annulés ou sont menacés de l’être. Tout ceci, vous l’avez sûrement vécu, la peur et la colère d’artistes ou de techniciens du spectacle, sortant soudainement de l’ombre. Dans le meilleur des cas, pendant quelques minutes, vous vous êtes intéressé et inquiété pour leur sort, sans avoir réellement compris quelle était leur situation et de quoi ils se plaignaient. Il est vrai que c’est un peu compliqué…

Tous les métiers artistiques et techniques du spectacle vivant et de l’audiovisuel sont les piliers de la culture dont nous profitons tous. Et pour s’adapter aux spécificités de ces pratiques, il existe un régime spécifique que l’on appelle communément l’intermittence du spectacle et qui correspond à l’alternance de périodes d’emploi et de périodes de chômage. Ce système permet notamment à une multitude de personnes issues de compagnies ou de groupes de travailler, de créer et d’offrir à chacun de nous une vie culturelle.

Depuis peu, la nouvelle convention d’assurance chômage signée le 22 mars 2014 est appliquée dans son intégralité, et des effets dramatiques commencent déjà à apparaître et risquent de prendre de l’ampleur rapidement si rien n’est fait.

En effet, l’accès à ce régime est rendu aujourd’hui quasiment impossible à une large part de ceux qui souhaitent s’engager dans la voie professionnelle du spectacle vivant et l’application de cette nouvelle convention d’assurance chômage pénalise encore davantage les plus précaires. Cela pourrait être par conséquent,  la fin annoncée de leur activité pour de très nombreux professionnels du secteur culturel, la mise en péril de très nombreux lieux de diffusion et projets culturels, la mort de l’innovation et de la diversité culturelle de notre pays, diversité artistique et diversité de moyens de diffusion. Vous trouvez que l’on noircit le tableau ? C’est pourtant bien ce qui est en train de se produire.

La Cave à Musique existe avant tout grâce aux artistes. Nous les soutenons bien sûr par solidarité, mais aussi parce que nous défendons cette vision de la culture ouverte et multiple, notamment dans le champ des musiques actuelles, et parce que cette situation représente un danger réel pour notre secteur d’activité. Pour le milieu culturel et associatif, il s’agit d’un nouveau coup dur porté à l’emploi, déjà mis à mal ces dernières années, dans un contexte où il fait pourtant bon afficher la priorité donnée à l’emploi !
Le Conseil d’Administration de l’association Luciol