Conférence de presse du comité de suivi de l’intermittence

Conférence de presse le mercredi 15 janvier à 14h à l’Assemblée Nationale

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Des enjeux, au-delà de l’intermittence, liés à l’emploi.

Le secteur des musiques actuelles est doté d’une économie spécifique : énormément de petits lieux ont fermé du fait de l’évolution des textes réglementaires (plaintes de voisinage, mise aux normes sonores, d’accessibilité du public, etc.), tandis que de nombreux artistes sont précarisés par cette disparition. Quant aux « gros » lieux labellisés, subventionnés par le ministère de la culture, ils ne peuvent absorber seuls toute cette proposition artistique.

De plus, avec l’évolution des ventes de disque s’opère un glissement de la recherche de recettes : ce que les artistes ne gagnent plus avec le disque, ils ont besoin de le gagner grâce à la scène. On assiste donc à une augmentation des coûts de plateau : là où il y avait des plateaux présentant 3 groupes, il n’y en a plus que deux.  De surcroit on propose des minima syndicaux aux premières parties, là où il y avait avant un peu de marge pour mieux rémunérer les artistes. A noter que quand ces groupes placés en première partie jouent depuis un certain temps, ils subissent ainsi une stagnation voire une baisse de salaire.

En matière d’aides à la création, qui font l’objet de toutes les attentions, elles offrent en réalité une faible marge de manœuvre. Très souvent, les quelques « largesses budgétaires » provenaient des sociétés civiles, mais ces dernières accompagnent de moins en moins les lieux. A noter par exemple la Sacem qui, prétextant la fin possible de la rémunération pour copie privée, a scalpé les budgets des salles. Or ces crédits permettaient de financer les résidences. Ce problème est identique au niveau du CNV et des financements qu’il alloue aux salles et à  la pré-production trop limités.

Et enfin, puisqu’on parle d’emploi, il faut signaler que mêmes les emplois permanents sont en difficulté, notamment dans les plus petites structures. Or les aides à l’emploi ne sont pas adaptées au secteur, visant un public trop jeune et peu ou pas qualifié. Les jeunes diplômés qui aspirent à leur insertion professionnelle dans le secteur, et dont le secteur a besoin, n’ont pas accès à ces aides. Ainsi les négociations avec l’Etat et les régions sur ce point restent d’actualité.

Bertrand Furic, directeur du Brise Glace (Annecy), membre du Conseil national du SMA