Oser la démocratie

Rarement le discours anxiogène n’a été aussi présent qu’aujourd’hui. Il faut dire que le quotidien est dur et que les perspectives n’invitent pas à l’allégresse. Plombé par l’actualité, la tentation est grande de se replier sur ses peurs et de ne voir dans l’avenir que le pire d’hier. Dans un pays miné par la sinistrose, les tenants du « c’était mieux avant » ont dès lors beau jeu de se crisper dans leur immobilisme et de voir dans tout changement une source de malheurs. Pourtant devant des difficultés bien réelles, nombreux sont celles et ceux qui font le pari de l’imagination face à la résignation. Ainsi pour affronter quarante années de crise continue, des milliers d’initiatives ont vu le jour. Notre secteur en est le plus bel exemple puisque ni l’économie sociale et solidaire, ni les musiques actuelles n’avaient cette vitalité au siècle dernier ! Voilà pourquoi le volontarisme est la meilleure des réponses et la créativité plus que jamais la solution.

Hors l’innovation ne se décrétant pas, pourquoi ne pas louer les vertus d’un concept vraiment novateur : la démocratie ? En effet l’une des leçons de la période est l’incapacité du centralisme à résoudre les problèmes actuels. La question n’est plus de savoir si une élite décisionnaire peut à la fois appréhender les situations et y remédier, mais de voir comment l’intelligence collective peut être stimulée pour y répondre. Notre écosystème est complexe, les interactions nombreuses et les champs d’intervention des structures en renouvellement perpétuel. Les évolutions sociologiques et technologiques se succèdent faisant de la nature même de nos activités un univers sans cesse en mouvement. Qui pourrait mieux que le terrain s’emparer de cette analyse et rechercher des pistes de mutation ?

En une formule, il faut penser plus localement pour mieux agir globalement. C’est dans la mise en œuvre de cette proximité et de ces concertations que la démocratie est nécessaire. Il n’y a pas de meilleur modèle, ni de cadre plus efficient. Si la recherche de l’intérêt général doit prévaloir sur l’amalgame des égoïsmes, la même logique doit nous faire privilégier le dialogue entre pairs. Les  schémas trop pyramidaux ayant vécu, ne transigeons pas avec ce fondamental du mouvement associatif, coopératif ou syndical. Alors que les adhérents viennent d’élire le nouvel exécutif du SMA, c’est bien le minimum que de choisir le vote comme valeur à la hausse.

Yves Bommenel, président du SMA