Tribune collective
Nos communes méritent mieux que l’extrême droite
Le 12 mars 2026
A l’approche des élections municipales, nos communes doivent rester des espaces de vie, de solidarité, de liberté et de lutte contre toutes les discriminations. Certaines forces politiques, en particulier l’extrême droite, tentent de se présenter comme protectrices des territoires. Nous, organisations de la société civile, portons une conviction brûlante : le projet politique de l’extrême droite est incompatible avec l’écologie, la justice sociale, l’antiracisme, les solidarités locales et les libertés associatives et culturelles qui font vivre nos territoires.
Canicules, sécheresses, incendies, inondations, pollutions de l’eau et de l’air rappellent que nos territoires sont déjà exposés aux conséquences de la crise écologique. A l’Assemblée nationale comme dans certaines communes où elle est élue, l’extrême droite s’oppose au développement des énergies renouvelables tout en promouvant des projets liés à l’exploitation d’hydrocarbures. Elle remet en question les politiques de rénovation énergétique des logements, soutient les pesticides, les mégabassines et l’élevage industriel, et promeut même des mesures qui aggravent la vulnérabilité aux inondations et autres risques climatiques.
L’extrême droite fragilise la justice sociale et les solidarités. Son hostilité aux personnes migrantes se traduit par la stigmatisation et par le refus, voire la fermeture de dispositifs d’accueil. Elle porte aussi atteinte à la lutte contre les discriminations, notamment liées à l’origine et au genre, y compris dans l’accès au logement social. Adversaire des mal-logés et des plus précaires, elle renforce la pauvreté plutôt que la combattre, par les expulsions et la criminalisation des locataires et des sans-abri.
Les libertés d’expression et de création sont de plus en plus menacées. Certains élus d’extrême droite tentent d’obtenir la déprogrammation d’artistes ou l’annulation de subventions. Des membres de l’extrême droite perturbent spectacles, films ou expositions jugés contraires à leur morale. Ce qui favorise une forme d’autocensure chez les programmateurs, malgré la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, qui protège pourtant ces libertés depuis dix ans.
Ces choix politiques sont autant de braises dangereuses : si elles se propagent, elles alimentent l’exclusion, la peur et la division au lieu de nourrir le vivre-ensemble. La société civile en résistance est directement touchée : associations et collectifs voient leurs moyens fragilisés, leurs subventions diminuées ou menacées, et la possibilité pour les citoyens et les citoyennes de soutenir leurs actions par des dons déductibles remise en question. Cette énergie collective soutient le lien social, la solidarité et doit être préservée. Sans elle, c’est la flamme de la vie locale qui vacille.
À l’approche du premier tour des élections municipales, certaines communes pourraient voir l’extrême droite atteindre des scores élevés. Dans ces territoires, les candidats qui se retrouveront en situation d’empêcher sa victoire auront une responsabilité particulière : nul ne peut prétendre protéger sa commune tout en laissant les incendiaires s’approcher de l’hôtel de ville.
Pour les listes à gauche de l’échiquier politique, des rapprochements devront parfois être envisagés, malgré les désaccords. Pour les candidats à droite, l’exigence est claire : refuser toute alliance ou arrangement qui ouvrirait les portes de nos communes à l’extrême droite. Même là où elle ne risque pas de prendre la mairie, l’extrême droite peut obtenir des sièges, influencer les budgets, bloquer des initiatives solidaires ou écologiques, et orienter les politiques locales. Dans tous les territoires, la lutte contre l’extrême droite est une urgence.
Au-delà des différences entre nos organisations et nos champs d’action, nous partageons une conviction simple : les véritables enjeux des municipales sont la lutte contre toutes les discriminations, contre la pauvreté, le mal-logement, mais aussi pour l’écologie, la justice sociale, la culture et les solidarités locales.
Nos villes ont besoin de politiques qui protègent réellement des services publics de proximité, des transports renforcés, une eau et une alimentation saines, un accès vivant à la culture, un accueil digne des personnes migrantes et une vie démocratique locale active. Autant de solutions concrètes, portées aussi par la vitalité associative, à rebours des politiques de l’extrême droite.
Nos communes méritent mieux que l’extrême droite.
Quand certains brandissent une flamme destructrice, d’autres résistent.
À nous de faire vivre notre flamme citoyenne les 15 et 22 mars.
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Les signataires :
Laurence Veyne, co-directrice de Greenpeace France par intérim et co-directrice des campagnes
Stéphane Krasniewski, président du Syndicat des musiques actuelles (SMA)
Paul Alauzy, porte-parole du collectif le Revers
Floraine Jullien, porte parole de Victoires Populaires
Fanny Petitbon, responsable France de l’ONG 350.org
Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement des défavorisés
Cathy Claverie, Présidente de Dom’Asile
Magali Payen, fondatrice de l’organisation On est prêt
Erika Campelo, déléguée nationale VoxPublic
Victor Vauquois, co-fondateur de Terres de Luttes
Laure Ducos, directrice des campagnes de l’association BLOOM
Camille Amand, présidente d’ActionAid France
Salim Poussin, membre du conseil fédéral de Justice Ensemble
Léa Galloy, cheffe de projet à l’institut Alinsky
Laura Thieblemont, co-présidente des Amis de la Terre France
Gilles Rouby, président du Collectif des Associations Citoyennes
Juliette Caroulle, porte-parole d’Action non-violente COP21
Gaëlle Nourry-Gardien, porte-parole d’Alternatiba
Jean-Yves Robert, membre du bureau national des Amoureux au Ban Public
Séverine Gallais, directrice de l’association Maison de l’Europe des Landes WIPSEE
Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu