Télécharger le bilan festivals 2026

Les chiffres communiqués dans ce bilan sont issus d’une courte enquête à l’attention des festivals adhérents du SMA et du Baromètre des festivals 2026 mené par le ministère de la Culture (DEPS x DGCA) et le Centre national de la musique, en partenariat avec le SMA, Ekhoscènes et France Festivals. Ils résultent aussi de discussions qui se sont tenues le 29 septembre 2026 lors d’un groupe de travail des festivals du SMA. Ce bilan SMA est donc à lire en complément de l’étude complète sur l’ensemble des festivals, qui dresse un panorama général de la situation de ces évènements en 2026 et qui corrobore certains des constats abordés par le SMA.

Accéder au bilan du CNM en partenariat avec le ministère de la Culture

✹ Préambule

L’an dernier, le bilan des festivals avait pointé du doigt l’impact alarmant des coupes budgétaires en cascade survenues en 2025. A cela s’ajoutaient des difficultés liées aux aléas climatiques, aux dynamiques de concentration ou encore aux atteintes aux libertés.

En 2026, on observe toujours cet “effet ciseau” qui s’accentue d’année en année : l’écart entre les charges et les recettes se creuse encore. Au global, 86% des répondant·es disent ainsi rencontrer des difficultés financières.

En plus de ces problématiques, les difficultés techniques, climatiques et réglementaires continuent par ailleurs de s’accumuler :

Difficultés rencontrées par les festivals lors de l’édition 2026
En réponse à la question « Avez-vous dû faire face à des difficultés particulières dans l’organisation de votre festival ? »

La situation climatique cet été a particulièrement impacté la bonne tenue des festivals, avec des perturbations nécessitant des adaptations de dernière minute de la part des organisateur·rices, menant souvent à un épuisement des équipes, et parfois à une annulation totale ou partielle de l’événement.

Cette situation, qui nous inquiète tout particulièrement tant elle est systémique, nécessite un travail sur le temps long.

Elle se couple à la hausse des difficultés liées aux restrictions des libertés : entraves à la liberté de programmation, contrôles des forces de l’ordre…

Si les festivals essaient de se réinventer en permanence et de développer de nouvelles manières de survivre, nous atteignons une situation critique qui impacte durement les festivals, notamment pour poursuivre leurs missions de découverte mais aussi d’engagement sociétal, pourtant essentielles dans le climat politique et économique actuel.

En 2025, 24% des festivals adhérents n’étaient pas certains de la tenue d’une prochaine édition. En 2026, 10% des répondants ont indiqué que le festival n’aurait (probablement) pas lieu l’année prochaine, et 8% ne peuvent pas encore se projeter.

✹ Un modèle économique instable : « l’effet ciseau »

> Des augmentations des charges largement observées

73% des organisateur·rices de festivals adhérents notent de nouveau une hausse des dépenses techniques par rapport à l’édition précédente. Ensuite viennent les augmentations des dépenses de sécurité (pour 60% des répondant·es) et artistiques (pour 54%), qui représentent par ailleurs, et de loin, le plus gros poste de charges dans le budget global des festivals (235 000 euros en moyenne). Les dépenses d’assurances augmentent également pour 42% des festivals, et les dépenses administratives pour 46% des festivals.

> Des recettes en baisse, notamment les aides et subventions

29% des festivals notent une diminution des recettes de billetterie (contre 42% en 2025), 32% une diminution des recettes de bar et restauration.
64% des festivals témoignent d’un moindre engagement de la part des partenaires publics, et 28% de la part des partenaires privés/mécènes.

Cette année encore, les financements ont en effet été impactés en cascade, depuis le budget de l’État qui a vu diminuer grandement l’enveloppe dédiée à la culture et celle dédiée aux collectivités*, entraînant une diminution des subventions à tous les niveaux :

  • 60% des festivals ont subi une baisse de subvention du ministère de la Culture
  • 35,5% une baisse de subvention régionale
  • 35% une baisse de subvention départementale
  • 14% une baisse des aides du CNM
  • 13% une baisse de subvention de la ville
  • 12,5% une baisse de subvention de l’intercommunalité

On note néanmoins que les villes restent le niveau de collectivité qui finance le plus les festivals, avec une subvention de 61 300 euros en moyenne.

*Sans oublier les moyens alloués au Centre national de la musique ou au FONPEPS (pour l’emploi) qui ont aussi été drastiquement réduits.

✹ Des problématiques de trésorerie

En 2026, la situation économique des festivals adhérents du SMA demeure très fragile, les structures organisatrices étant confrontées à de fortes tensions de trésorerie. Ainsi, 26,5% évoquent des problèmes de trésorerie dus à des retards de subventions ou d’aides, des achats de billets tardifs…

Par ailleurs, le cumul de déficits sur de précédentes éditions aggrave davantage la situation.

Ces difficultés se traduisent par les résultats de l’édition 2026 : 39% des festivals ayant répondu à l’enquête ont enregistré un déficit (contre 47% en 2025). Celui-ci s’élève en moyenne à 76 200€, soit l’équivalent de 12% du budget global de l’événement.

Au global, 86% des répondant·es disent rencontrer des difficultés financières.

Pour faire face à cette situation, 24% des festivals ont sollicité cette année une aide exceptionnelle auprès de partenaires privés ou de mécènes, 19% une subvention exceptionnelle, 15% ont sollicité un emprunt et 9% ont lancé une campagne de crowdfunding.

 

 

 

 

 

✹ L’enjeu de la billetterie : une solution limitée

La hausse du tarif des billets apporte une solution limitée : l’accessibilité des évènements est une priorité pour les festivals adhérents du SMA. Elle passe notamment par des tarifs abordables, d’autant plus dans un contexte où le pouvoir d’achat est de plus en plus réduit, obligeant le public à sélectionner davantage un seul spectacle ou à acheter les billets tardivement.

Ainsi, le prix moyen des billets pour accéder à un festival adhérent du SMA n’augmente pas depuis 2024 avec un tarif moyen de 31 euros pour le billet jour.

13% des festivals répondants sont par ailleurs gratuits.

 

✹ Une fréquentation en hausse

Chaque année, nous notons que ces problématiques financières ne sont pas corrélées à la fréquentation des événements. C’est encore le cas en 2026 : 59% des festivals adhérents ont affiché complet sur au moins une journée (contre 52% en 2025).

39% soulignent une fréquentation en hausse sans avoir modifié la jauge ou la durée de l’événement : l’an dernier, seulement ¼ des festivals avaient noté une telle augmentation.

Si ces chiffres sont encourageants, ils nous questionnent sur la pérennité du modèle. Car à l’image de 2025, 27% des festivals ayant affiché complet sur au moins une journée sont déficitaires.

Les festivals adhérents subissent également la concurrence croissante des salles de grande jauge (arenas, stades).

27% d’entre eux déclarent avoir été impactés par les programmations en stades et en arenas, notamment en raison de la concurrence des artistes, de la hausse des cachets et de la baisse de fréquentation.

Ces grands événements sont souvent concentrés entre les mains d’une poignée d’acteurs privés. Comme le soulignent les cartographies françaises et européennes publiées par le SMA sur les opérateurs privés dans les musiques actuelles, ce phénomène interroge l’avenir des festivals indépendants.

✹ Une situation climatique inquiétante

La hausse alarmante des aléas climatiques…

32% des festivals adhérents qui ne souscrivent pas encore à une assurance annulation intégrant le risque intempéries envisagent ainsi d’y souscrire à l’avenir, malgré leur coût important.

Les festivals soulignent par ailleurs les prévisions météorologiques catastrophiques qui découragent les publics dans leurs déplacements, d’autant plus lorsque plusieurs éditions passées ont déjà été impactées par des aléas naturels.

Les impacts sont multiples : baisse de fréquentation, épuisement des équipes, charges supplémentaires…

…qui entraînent des adaptations nécessaires…

Les festivals ont redoublé d’efforts en 2026 pour mettre en place des mesures d’adaptation aux aléas naturels souvent coûteuses mais nécessaires afin de pouvoir maintenir leur événement :

9% des festivals ont changé leurs dates d’au moins deux semaines, 23% ont changé leurs horaires et 14% ont changé de sites.
La moitié de ceux ayant indiqué avoir modifié leurs dates ou leurs horaires ont confirmé l’avoir fait pour une question d’adaptation aux aléas naturels.

…allant jusqu’à l’annulation de certains festivals

Certains festivals ont dû annuler tout ou partie de leur programmation à cause d’intempéries : précipitations, orages, températures extrêmes… en général suite à une interdiction de la préfecture.
Des annulations d’autant plus subies qu’elles sont intervenues pour la plupart quelques jours avant l’événement, la veille voire le jour même.

 

 

 

 

 

 

Si pour 50% d’entre eux, l’assurance couvrira les pertes, ce ne sera pas le cas pour d’autres – ou bien partiellement – entraînant une grande difficulté financière et menaçant la tenue de l’édition prochaine.

Un impact important sur les équipes

Les conditions météorologiques ont un impact important sur les équipes, avec une fatigue croissante et une dégradation des conditions de travail liée aux vagues de canicule.
Cela entraîne une nécessité d’adaptation des horaires pour les montages sur les festivals.

✹ Des difficultés liées aux restrictions des libertés

La multiplication des atteintes aux libertés…

En 2026, 11% des festivals (contre 8% en 2025) ont été confrontés à des atteintes aux libertés de création et de programmation. Ces entraves étaient souvent liées à la présence d’artistes dans la programmation et ont pris la forme de pressions publiques, de menaces de suppression de subvention ou de refus de programmation d’événements liés au contexte politique international.

Ces atteintes aux libertés, pourtant protégées par la Loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP), se multiplient jusqu’à mener à des risques d’autocensure par les programmateur·rices : parfois de manière inconsciente, ou parfois par peur de prendre des risques.

 

 

 

 

… et des contrôles des forces de l’ordre

Les contrôles de police à l’entrée des festivals, sans concertation avec l’organisation, sont aussi fréquents : immixtion des forces de l’ordre dans le processus de sécurité de l’événement, contrôles aux entrées et dans les navettes des festivaliers… impactant à la fois l’organisation interne du festival et son image auprès des publics.

 

✹ La nécessité de repenser les modèles…

La multiplication des obstacles, ajoutée à l’inflation et à la fragilité croissante de l’équilibre économique des festivals, rend la planification des années à venir particulièrement ardue.

Changement d’échelle

Certain·es organisateur·rices envisagent de passer à une édition biennale, de repenser le format et se voient parfois contraints de réduire le nombre de jours, de scènes ou de spectacles. Ainsi, en 2026, 8% des festivals ont diminué le nombre de scènes, 20% le nombre de spectacles et 11% ont réduit la durée globale de leur évènement.

Certains festivals ont été forcés de réduire la programmation artistique (30%) et d’autres les actions culturelles ou territoriales (32%). De plus, 24% des répondant·es ont réduit le personnel pour pallier aux difficultés financières.

Diversification des activités

D’autres envisagent plutôt la pluriactivité ou la diversification des actions à l’année (accueil d’événements professionnels, concerts hors festival, ouverture de lieux…) comme une manière de diversifier les financements afin de trouver un modèle économique plus viable.

✹ …tout en maintenant un fort engagement sociétal

Les festivals membres du SMA se mobilisent sur des problématiques sociétales : un engagement auquel leurs publics sont sensibles.

La totalité des festivals a engagé des réflexions sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et le harcèlement, avec notamment le déploiement de dispositifs de signalement au sein même des évènements.

Par ailleurs, les festivals adhérents sont vigilants aux enjeux d’accessibilité des événements, particulièrement prégnants dans les espaces festivaliers.

Ils s’engagent également sur les enjeux environnementaux à différents niveaux : mesures d’impacts du festival, sensibilisation des publics…

L’engagement des structures est également visible dans leur participation à des projets collectifs tels que le projet Déclic – Décarbonons le live collectivement, les appui-conseils collectifs RSE mis en place par le SMA et la FEDELIMA en lien avec l’Afdas, le Pacte EMMA – Pour une action collective dans le travail et l’emploi, ensemble repensons les métiers des musiques actuelles…

Plusieurs festivals insistent sur l’importance de valoriser l’apport qualitatif des festivals, en termes d’intérêt général plutôt qu’en rentabilité directe et immédiate.

 

 

 

 

Les festivals adhérents se positionnent aussi spécifiquement sur le soutien à l’émergence, qui est pour beaucoup d’entre eux un axe phare de leur projet. 80% des festivals ont d’ailleurs organisé des actions de valorisation des artistes émergents.

Quelques chiffres : 

 

Quelques ressources : 

> Baromètre des Festivals 2026 par le DEPS, la DGCA et le CNM

> Plaidoyer pour des festivals indépendants

> Les festivals engagés pour + que la musique

> A qui profitent les festivals ?, reportage Tracks, ARTE

> Cartographie du SMA : Coupes budgétaires dans la culture en 2026

> Cartographie des opérateurs privés dans la chaîne de valeur des musiques actuelles en France

> Musique Live en Europe, qui possède quoi ?

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